Monique McColl
Ambassadrice de l’inscription au sein de l’équipe de médiation
Comment avez-vous mis un pied dans la Mission ?
Je connaissais Amandine Crépin, pour évoluer dans les mêmes milieux mais j’ai été très surprise lorsqu’elle m’a demandé d’intégrer le Conseil scientifique de la Mission. C’était un grand honneur et son offre est arrivée fort à propos, au moment où je cherchais comment occuper utilement ma retraite. J’ai dit oui avec un grand plaisir et j’ai découvert un autre monde, non pas celui du Champagne, mais celui du patrimoine, des services de l’Etat et des haut-fonctionnaires, des collectivités et des élus.
Mais vous ne vous êtes pas arrêtée là ?
J’avais signalé lorsque je suis entrée au Conseil Scientifique que je souhaitais participer plus concrètement à la vie de la Mission. Anne Cabin Saint-Marcel que je côtoyais au Conseil scientifique a compris tout cela et a souhaité m’enrôler à ses côtés pour l’aider à développer les médiations, et plus particulièrement auprès des jeunes. J’avais des réticences. Mais je suis curieuse de nature et j’aime ce qui est nouveau alors je me suis laissée convaincre. Je l’ai d’abord accompagnée sur le terrain pour la voir à l’œuvre et apprendre d’elle. Puis nous avons fait des interventions en binôme. Elle a été un très bon professeur, bienveillant, patient, encourageant. Et un jour, je me suis lancée seule.
Vous ne partiez pas non plus sans bagage dans l’aventure !
En effet, j’ai grandi dans une famille qui m’a transmis le respect et la passion du et de la Champagne. Mes 36 années passées comme directrice à l’Ordre des Coteaux de Champagne m’ont aussi donné une compréhension du fonctionnement de la Champagne, de ses arcanes, de ses différentes sensibilités, de son histoire complexe, de l’entente entre vigne et négoce.
Quel souvenir gardez-vous de votre premier « seul en scène » ?
J’ai mal dormi la veille ! J’étais mal à l’aise à l’idée de parler seule devant un auditoire. La peur d’être « collée ». Pendant ma carrière, j’ai toujours préféré rester dans l’ombre et quand il me fallait quand même prendre la parole, j’étais obsédée par l’image de la Champagne et de l’Ordre des Coteaux de Champagne que je devais renvoyer. Il y a en moi encore un peu de ce sentiment aujourd’hui.
Comment votre présentation est-elle structurée ?
Nous avons une trame principale, disponible en plusieurs versions et qui évolue constamment en fonction des dernières actualités et rien n’est donc figé. Comme nous l’a dit Anne Cabin Saint-Marcel, c’est à nous de nous l’approprier avec nos mots, de faire ressortir ce qui nous semble important. On brode, on enrichit, on « joue » avec cette base. Pour ma part, j’ai ajouté dans la présentation, en introduction, quelques éléments supplémentaires sur l’ONU, l’Unesco, la naissance du patrimoine mondial. Au début, je m’étais fait des pense-bêtes pour me donner confiance. J’arrive maintenant à m’en passer. Le discours évolue aussi avec les questions qu’on nous pose et qui amènent à apporter des compléments.
Le public est-il réceptif ?
Il faut sans cesse s’adapter à l’âge des publics, essayer de faire le lien avec leur programme et leur territoire pour les intéresser. La présentation pour le lycée de Sézanne par exemple n’est pas la même qu’au collège de Montmirail où le vignoble est notamment peu présent. Dans l’Aube où nous sommes intervenus en fin d’année dernière avec Arnaud Lamoureux devant des lycéens et des étudiants en école de commerce, nous leur avons parlé d’histoire locale, de la révolte des vignerons, des paysages, etc. Je garde aussi un souvenir magnifique d’une intervention dans une classe élémentaire particulièrement réceptive parce qu’à 8 ans les enfants sont encore très spontanés. Nous nous efforçons de faire des médiations interactives. C’est toujours très enrichissant.
Avez-vous l’impression de faire œuvre utile ?
Sans aucun doute. Le but c’est de transmettre. Et c’est par le milieu scolaire qu’il faut commencer. Comme a dit Pierre Cheval en son temps : « L’inscription sera ce que vous en ferez. » Les élèves représentent la nouvelle génération qui devra s’approprier l’inscription au Patrimoine mondial et les responsabilités qui vont avec. Ils doivent comprendre dès maintenant ce que ça signifie, ce que ça apporte mais aussi qu’elle n’est pas donnée à tout le monde et qu’elle n’est pas attribuée à vie. Nous insistons beaucoup sur ce point : pour ne pas la perdre, il faut s’engager.
Qu’en retirez-vous à titre personnel ?
J’y prends un immense plaisir. C’est une véritable découverte. J’apprends tout le temps, c’est ce que j’aime. Je suis très fière de faire partie de la Mission et de pouvoir à mon petit niveau contribuer à son rayonnement ! J’ai l’impression d’entamer une 2e vie !